Diplômes : 2026 · 2025 · 2024 · 2023 · 2022 · 2021 · 2012-2019

Les extraits de parcours présentés ci-dessous résultent du travail exclusif des étudiants de la formation. Ils présentent des hypothèses et des choix personnels émanant des différentes expériences menées durant le cycle d’études de cette promotion.

Ce parcours Matériaux consiste à détourner, déplacer, réinterpréter et associer les procédés de fabrication en les questionnant et en les croisant. Cette approche oriente la formation vers une réflexion sur l’articulation entre les spécificités des techniques artisanales et l’utilisation des outils numériques, ainsi que vers une recherche permettant les échanges et les enrichissements réciproques des techniques entre elles.

Matières à réseauter

Matières à réseauter : pièce textile à manipuler

Matières à réseauter est un projet qui met en jeu l’individu et sa main, l’invitant à re-ex-périmenter la matérialité à travers ses sens et ses gestes.

Projet de diplôme (semestres 5 et 6) à découvrir sur Instagram : @matieres_a_reseauter

Note de mémoire : re-ex-périence de la matérialité

Le réseau, concept technique et matériel avec le tissage et le filet, semble devenir immatériel avec l’avènement du numérique et de ses surfaces « tactiles » lisses, qui ne laissent place qu’à une « préhension de surface » et nous coupent de la matérialité du monde.

« (…) La peau d’un visage, l’écorce d’un arbre, le duvet d’une plante, l’eau ou le feu ont tous la même “matérialité” et évoquent la même sensation. L’écran tactile leur impose la même texture lisse et froide, anesthésiant et neutralisant leur matérialité singulière. » — Bertrand Naivin

On semble alors assister à un appauvrissement de notre acuité sensorielle par nos représentations numériques, qui prennent de plus en plus de place dans notre environnement et de notre temps. La dématérialisation liée aux réseaux et aux interfaces numériques affecte notre relation à la matière et à la technique. Elle engendre une perte de contact avec le monde tangible, qui nous éloigne de nos sensations et crée un manque de proximité avec la matière, d’échanges avec elle par le toucher et la manipulation.

Comment re-sensibiliser à la matière, au geste et au temps par le savoir-faire et la manipulation textile ? Il s’agit d’abord d’examiner l’impact de la dématérialisation de ces réseaux sur notre rapport à la matière, puis d’évoquer l’importance du toucher dans notre relation au monde, et enfin d’étudier comment une reconnexion au tangible permettrait à l’individu de se ressaisir de sa sensibilité par le faire et la manipulation, au travers de matières à réseauter.

Note de projet

« L’Homme du XXIe siècle est cet hyper-connecté qui n’arrive plus à rester dans cet “ici et là” propre, dans la “réalité”. Si Rimbaud voyait le XIXe siècle comme celui de la main, le XXIe siècle est désormais celui du doigt, signe d’un monde qu’on ne veut plus prendre ni comprendre mais simplement consulter, consommer et survoler. » — Bertrand Naivin, « Le numérique a-t-il déjà modifié notre être ? », revue Nectart

Parmi les cinq sens, le toucher semble a priori moins questionné que les autres. Pourtant, nous nous construisons avec et par ce sens. La manipulation, elle, engage activement et physiquement : elle est nécessaire à la compréhension et à l’apprentissage du monde qui nous entoure, par l’exploration et la pratique. La recherche s’est établie selon trois techniques :

  • La dentelle sur mesure : manipulation du fil autour de la technique de la dentelle sur mesure. Enjeu : sensibiliser à la découverte d’une technique, au temps et au contact du fil.
  • Le modelage par la pince : manipulation d’une diversité de matières et de textures sans l’usage de la vue, et formation d’un volume par la technique de la pince. Enjeu : sensibiliser au toucher et à une matérialité sensible, par la découverte et la reconnaissance tactiles.
  • Le plissage électronique : manipulation de systèmes électroniques incorporés au textile par la technique du plissage. Enjeu : explorer une nouvelle forme d’interaction avec le textile grâce à l’électronique.

Modelage par la pince : pinces texturées en textile

Vidéo de l’exposition de fin de diplôme :

Aspasia (semestre 4)

Workshop de broderie électronique avec Audrey Briot.

Alors que les ondes électromagnétiques, par leur pollution, ont totalement modifié l’ADN des individus jusqu’à changer leurs modes de vie, elles deviennent, par leur son, la principale source d’énergie des nouveaux terriens. Ceux-ci deviennent complètement obsédés par cette force invisible, seulement audible. La société a changé du tout au tout : elle est régie par ces ondes, devenues indispensables à chacun. Apparaît alors un nouveau système politique hiérarchisé en classes : ceux qui appartiennent à la plus élevée ont un accès presque illimité aux ondes, tandis que les autres doivent se battre pour y accéder.

Tout en haut de ce système se trouve la reine, Aspasia. Grâce à son casque à antennes greffé à son cerveau, elle peut capter toutes les ondes, puis les redistribuer à son peuple par un câble directement branché au casque…

Moodboard Aspasia : références visuelles du personnage
Moodboard Aspasia : inspirations visuelles et esthétiques
Mise en place du circuit électronique pour Aspasia
Aspasia : le casque à broderie électronique

Circuit électronique : familiarisation avec le fonctionnement du circuit et adaptation à l’objet.

Aspasia : vue du casque à antennes brodé

Le fil (semestre 3)

Le fil est un guide, qui permet l’enchaînement logique d’une succession d’événements ou d’idées. Dans le domaine de la couture, le fil est peu mis en avant, voire caché.

Moodboard Le fil : inspirations écorce et lignes

Dentelle sur mesure : production textile en fil
Dentelle sur mesure : détail du motif en fil
Production textile : expérimentations de fils
Mise en volume numérique par thermopliage : motif écorce

Production ; mise en volume numérique par thermopliage.

Workshop ennoblissement avec Claire Jochum

Pièces en fil à tricoter noir et blanc rigidifiées au Powertex
Mise en scène des pièces rigidifiées au Powertex

Mise en scène de pièces en fil à tricoter noir et blanc rigidifiées au Powertex.

Déconstruire, reconstruire (semestre 1)

Ce projet de couture portait sur la clinique vestimentaire du tablier : déconstruire un tablier, l’analyser et comprendre son processus de création, pour reconstruire une toute nouvelle pièce selon un personnage que nous avions créé. Nous avons démonté le tablier, conçu sa fiche technique, puis l’avons patronné. Nous avons pu jouer avec ce patron en construisant des maquettes en papier selon notre personnage, passant ainsi de la 2D à la 3D.

L’histoire de mon personnage met en avant le côté sexiste du tablier de ménagère ; c’est pourtant une jeune femme révoltée qui le porte, une femme qui ne se laisse pas dicter ces « codes ». Ambitieuse et audacieuse, elle se bat pour sa liberté de femme : son tablier lui sert d’armure, il la protège. Les maquettes nous ont fait comprendre que cette simple pièce permettait de produire une infinité de formes. Après avoir mêlé deux maquettes, j’ai construit ma maquette finale en insistant sur l’idée de protection. L’étape finale consistait à coudre la pièce, en nous aidant d’échantillons de couture préparés en atelier.

Clinique vestimentaire du tablier : nouvelle pièce réalisée en toile

La nouvelle pièce, réalisée en toile à partir du patron du tablier.

Workshop ennoblissement avec Claire Jochum

Ce workshop prolongeait l’histoire de notre personnage, en travaillant directement la matière et les textures : teintures naturelles, lamination, enduction et tessellation.

Ennoblissement : teintures naturelles, tessellation, enductions et laminations

Teintures naturelles à l’avocat et aux oignons sur coton et tissu rose ; tessellation en canadian smocking et feuilles de Rhodoïd ; enductions de silicone et de sac plastique ; lamination d’aluminium et de cuir au thermocollant.

Ennoblissement : teintures naturelles au chou rouge, aux mûres et aux myrtilles

Teintures naturelles au chou rouge, aux mûres et aux myrtilles sur coton ; enductions de paraffine non polie et de silicone ; lamination de plusieurs couches de tissus teints en dégradé, au thermocollant.

Ennoblissement : teintures naturelles de sureau, curcuma et carotte

Teintures naturelles au sureau, au curcuma et à la carotte, tissus blanc et noir ; enductions de liant acrylique et marc de café, de sac plastique, de paraffine polie, de cire d’abeille et de peinture acrylique jaune ; tessellation de bandes de tissu noir cousues sur un tissu blanc et canadian smocking.

Ailleurs

À propos

Responsables de la rédaction : Camille Vallas, Cécile Chevance et Olivier Laveau. Webmaster : O. L.

Mentions légales