Linge oublié
Projet de fin d’études : réhabilitation de linges anciens. Instagram : @linge_oublie

Le linge oublié est celui qu’on laisse au fond d’un placard parce qu’il est un peu usé, peut-être un peu ringard avec toutes ses broderies ; mais c’est aussi ce tissu qu’on n’ose pas jeter parce qu’il symbolise un héritage. Malgré toutes ces années, il a toujours cette odeur et cette texture si particulières. Les linges anciens sont des pièces précieuses, pourtant, au fil des décennies, ils ont perdu leur fonctionnalité, leur prestige, leur identité. Comment créer un processus de réhabilitation destiné à ces linges anciens ? Comment les réintégrer durablement dans notre quotidien ?

Les linges jaunis, troués, tachés, déchirés, démodés ont encore des histoires à nous raconter. Ce laboratoire de surfaces et de formes valorise les qualités comme les défauts du linge, en traitant à la fois son aspect usé et son aspect désuet. L’usure devient ici un ornement à part entière : le faux pli est augmenté par le plissage, la déchirure est sublimée par la broderie, les taches sont amplifiées par la teinture à la rouille. Ce projet cherche à faire de ces imperfections une force esthétique, en écho subtil à l’art japonais, dans une rencontre entre savoir-faire traditionnels et numériques.
L’aspect désuet est travaillé par le détournement des motifs emblématiques du linge : jours, dentelles ou crochet. Chaque élément est mis en lumière par des techniques d’ennoblissement spécifiques : matelassage, cyanotype, cire, découpe laser. En allant vers le volume, l’idée est de se détacher de la fonction d’origine de ces linges pour créer un nouveau lien avec ces textiles oubliés.

Le vieillissement devient dans ce projet un processus, un phénomène graphique et poétique. Il symbolise le passage du temps qui court à la surface d’un matériau sous le nom de patine. Le défi est d’exploiter ces textiles avec un souffle contemporain, à la frontière entre restauration et upcycling.

Textile et sinuosités
Techniques traditionnelles de microreliefs textiles, deuxième année.

Cette série met en avant différents savoir-faire textiles, tels que le matelassage, le cording et le rembourrage. Ce travail explore les sinuosités du tissu : varier subtilement les creux et les reliefs, multiplier et complexifier leurs effets pour jouer avec la lumière. Chaque échantillon s’explore ainsi à la fois par la vue et par le toucher. L’esthétique fait écho aux célèbres illustrations de l’ouvrage d’Ernst Haeckel Formes artistiques de la nature, une interprétation artistique des structures et des surfaces des organismes et minéraux marins.
Les reliefs obtenus pourraient être développés en tapisserie expérimentale, où les microreliefs apporteraient de la souplesse à l’assise.
Nature morte de bouteilles plastiques
Workshop d’enduction textile, deuxième année.

Cette série de bouteilles fantômes joue entre le vide et la transparence. À la manière d’une nature morte, je mets en avant la fragilité des choses qui nous entourent, des matières, des objets voués à disparaître. Je retranscris cette évanescence par des textiles usés par mes gestes et des enductions temporaires qui contraignent les bouteilles à se déformer dans le temps : plâtre, colle textile, amidon. Ce phénomène de décomposition est interprété avec légèreté et douceur, pour donner une certaine valeur au déchet plastique, voire presque une âme.
Le gant de Jules Verne
Atelier de broderie électronique.
Les propriétaires actuels de la maison de Jules Verne ont fait dans leur cave une découverte quelque peu déconcertante…
La demeure d’Amiens, aujourd’hui ouverte au public, renferme encore bien des surprises. Elle fut le refuge de l’écrivain de 1882 à 1900, quelques années avant sa mort. Cette période fut un long silence littéraire pour Jules Verne, retiré du monde de la fiction, mais son imagination extravagante ne s’est pas tue pour autant. Dans cette cave, sous quelques planches de bois mal vieillies, les propriétaires ont trouvé au cours d’une rénovation une boîte renfermant un précieux gant : un gant en cuir bien étrange, parsemé d’un circuit électrique, de fils de cuivre et de perles brodées à la main. Sur cette pièce, un médaillon porte les initiales J et V, qui affirment l’identité de son créateur ou de son propriétaire. Après quelques analyses de nos historiens et scientifiques, ce gant serait doté d’antennes captant les ondes électromagnétiques. Lié à un dispositif auditif, il restituerait, à l’approche d’objets tels qu’une radio, les résidus sonores renvoyés dans l’air. À cette époque, l’électricité prenait de plus en plus d’importance dans les foyers français, et quelques savants curieux avaient l’habitude de manipuler et de détourner les circuits électriques pour percer les secrets de la modernité. Mais le plus troublant est la présence de partitions dans la même boîte. Très mal conservées, elles ont pourtant dévoilé un titre qui serait la clé de cette histoire : « Concerto d’ondes ».
La majorité des théoriciens pensent à un canular, car il est très peu probable qu’un gramophone ou un autre appareil auditif de l’époque ait pu lire ces ondes. Mais le grand public, persuadé que la folie de Jules Verne n’avait pas de limites, aime penser qu’il prenait plaisir à jouer avec les ondes électromagnétiques et composait des musiques bien plus qu’avant-gardistes ! Était-il le premier DJ de l’histoire ? Un voyage dans le temps lui aurait-il inspiré cette ingéniosité ? L’histoire a bien ses secrets…



Mémoire de peau
Workshop d’enduction textile, première année.

Ce travail d’échantillonnage portait sur la figure de la grand-mère, en écho au vieillissement, mêlant des linges à la fois usés et témoins d’une histoire. Ces tissus sont marqués par la dentelle des robes, par des mots, des gestes, des fleurs séchées ou encore la peau ridée. Ce travail montre qu’un textile a lui aussi une mémoire : sa surface et sa forme racontent l’usage et le récit de la personne qui l’a porté, comme un livre ouvert.
Tortue et noix de coco
Courte séquence vidéo, première année : un travail illustratif et narratif sur le thème du braconnage.
