Alcôve étoffée

Le projet Alcôve étoffée s’inscrit dans la continuité du mémoire L’Intérieur textile, interrogeant la manière dont le rideau peut redéfinir un mode d’habitation plus intime, au regard d’un contexte d’uniformisation de l’habitat. L’écrit explore la notion d’intime dans l’habitat, qui ne se limite pas à une fonction de protection : il représente un espace d’intériorité, de repli, de respiration.
Cette première trame de réflexion est complétée par l’étude de la notion de liminalité. Le seuil, l’entre-deux, l’espace liminal apparaissent alors non comme des lignes fixes, mais comme des zones actives de transition, des passages où l’expérience s’étire, s’épaissit, se démultiplie.
La perspective de la contemplation se dégage. Issu du latin contemplatio, qui désigne « l’action de considérer attentivement, par les yeux et par la pensée », le terme suggère un état de retrait de l’agir, au profit d’une attention recentrée. L’action de contempler se situe à la frontière de la sensation, de la pensée et de l’émotion ; elle n’est ni repli ni enfermement.


Des encoches arquées, réalisées à l’imprimante 3D, accueillent le textile avec délicatesse. Glissée dans la fente, l’étoffe se déplace au gré d’un simple mouvement de la main, révélant ou dissimulant selon le geste, installant un échange entre ouverture et fermeture. Un jeu de superposition entre voile et laine compose un panneau double, à la fois filtre et refuge, permettant de s’isoler, d’occulter le monde ou simplement de revenir au calme.
Par un système de coulisse inspiré du store bateau et mis en œuvre grâce à la technique du cording, l’étoffe se tend, se rétracte, capte la lumière et la tamise ; un système d’aimants, opérant comme interrupteur, la révèle, offrant à l’espace une respiration douce, modulable et intime.


