À l'arrivée de l'été c'est toujours la même histoire : est-ce qu'il faut passer chez l'esthéticienne ? Raser ? Cacher ou assumer ses poils ? Peu importe le choix, il devrait venir de nous, en fonction de nos préférences, ou de notre réticence à souffrir, mais pas d'une idée reçue qui nous fait croire qu'on serait moins belle ou moins propre si on les gardait.
Tu as probablement dû le remarquer : l'uniformisation et la retouche des corps féminins dans les médias. Ce nouveau projet adopte une démarche délibérément inverse : Et si une pièce vestimentaire pouvait montrer, à travers une esthétique du tabou, l'écart entre l'image idéalisée de la femme et la réalité de son corps ?
Plutôt que d'ignorer la pilosité féminine, ce projet la met à l'honneur, la travaille, la colore, en fait un ornement. Reproduite en fil et crin sur les zones qu'on nous a appris à cacher (aisselles, jambes, pubis, torse), elle se transforme : ce qui était perçu comme « trop » ou « excessif » devient décoratif, presque poétique. Et selon ton propre rapport à la norme, tu peux trouver ta place dans ce spectre du plus réaliste au plus décalé.
Et où mieux explorer tout ça qu'à la plage ? C'est là que les injonctions au « summer body » sont les plus fortes, et c'est exactement là que la collection s'installe. Des paréos, des ponchos, des formes souples. Parce qu'enfiler l'une d'elles, c'est un peu tester quelque chose en toi : ton rapport aux regards, aux normes, à ce que tu t'autorises à montrer. Ce projet est féministe, oui — mais surtout, il te rappelle que la « laideur » qu'on t'a peut-être appris à voir sur ton corps n'a rien de naturel. C'est une construction sociale. Et les constructions, ça se déconstruit avec humour, avec style, et beaucoup d'amour propre.

Visualisations des emplacements des poils
