
Intervalle
Le smartphone est l’objet le plus accessible que nous possédions. On le déverrouille sans y penser, on le sort de sa poche par réflexe, on le consulte compulsivement. Cette facilité d’accès est précisément ce qui rend son usage problématique : il n’y a aucune résistance entre l’impulsion et l’acte.
Mon projet de diplôme part de cette question : comment altérer l’usage de notre smartphone en complexifiant son accès ?


Non pas par le logiciel ou la restriction numérique, mais par la matière. Le textile, avec ses textures, ses épaisseurs, ses résistances physiques, devient ici un outil capable d’introduire une action volontaire entre la main et l’écran : un obstacle sensible qui force la conscience du geste. De plus, l’hybridation des matériaux est une notion clé dans ce projet. Pouvoir combiner les paramètres tactiles de matériaux étrangers au textile me permet d’ouvrir de nouveaux horizons de réponses.
Les dispositifs que je réalise sont des objets manifestes, qui interrogent notre utilisation. Pour ce faire, j’ai établi trois facteurs avec lesquels je produis ces objets : la préhensibilité, la complexité et le poids. Ils dirigent ma production ; dans celle-ci, ils ne sont pas séparés mais s’alimentent entre eux. Ces objets critiquent nos gestes et la consommation instantanée de nos smartphones. Ils nous rappellent aussi ces gestes auxquels nous ne pensons même plus. Ce que je propose, ce sont des artefacts pour lesquels il faut mériter l’utilisation de notre smartphone. Je bouleverse la routine et nos gestes automatisés.


