Marble machine
Le principal facteur d’évolution d’un enfant est sa capacité à comprendre peu à peu les liens de causalité, qui se manifesteront d’abord par l’acquisition de nouvelles habiletés, telles que la marche. Ne dit-on pas que « c’est en tombant que l’on apprend à marcher » ? Autrement dit, l’enfant comprend en chutant que la position de son corps n’était pas la bonne. Après de multiples essais, il fera deux pas, puis trois, puis finira par gambader gaiement dans la maison. À ce stade, le lien de causalité est « binaire ».
Au fil de son évolution, l’enfant va établir des corrélations de plus en plus complexes, telles que la nécessité de pédaler rapidement sur un vélo pour garder l’équilibre, ou l’utilité du déplacement de chaque pion dans une partie de dames… Ces liens de causalité sont comparables à des équations : nous possédons certains indices et tentons de deviner les inconnues restantes. Si l’on connaît les causes, on peut imaginer les conséquences, et inversement. En grandissant, on perfectionne cette gymnastique de l’esprit et l’on acquiert l’aptitude d’imaginer ce qui va se passer, ce qui s’est passé, ce qui peut se passer et ce qui aurait pu se passer.


