
Semestre 6 : projet de diplôme
Déchiffrer l’environnement
Retranscription codifiée
« Mon quartier ;
ma ville.
Ses archives ;
son répertoire de photographies et de dessins.
Ses anciennes maisons ;
leurs façades.
Que deviennent-elles entre les mains du textile ?
Du robuste au léger,
de la brique à la fibre :
ma réécriture de l’architecture. »
Modélisation
Éléments de façade de la maison.




Couture
Du virtuel au physique : recherche volumique

Face à une grande quantité d’informations (cheminée, fenêtre, porte-fenêtre, lucarne, porte d’entrée…), j’ai choisi de traiter séparément les éléments de la maison afin de gagner en précision.

Pour retranscrire au mieux la fenêtre de la maison, j’ai réalisé une couture qui forme les cadres qui la composent. Les lignes sont en relief, contrairement à la fenêtre traditionnelle, afin de les accentuer. L’effet brut du tissu a été obtenu par une teinture, qui me permet de rester dans la thématique de l’architecture et de la construction avec cet effet béton.


Semestre 5 : [dé]chiffrer l’environnement
« Comme un air de déjà-vu, j’embrasse les rues de mon quartier, les rues de ma ville, les rues de mon enfance. Des souvenirs refont surface. Que ce soient des éclats de rire, des embrassades, des pleurs, je veux les revivre. Ce ne sont plus mes jambes qui empruntent la voie piétonne, celles qui se prêtaient au jeu de la carte au trésor dans le passé. Désormais, c’est ma voiture qui emprunte les rues. La carte de mon enfance devient de ce fait immatérielle. »
Intégré à nos voitures et à nos téléphones, le Global Positioning System, communément appelé GPS, est un système de positionnement qui peut intégrer une cartographie. Il est issu d’un langage de programmation qui repose sur le calcul de données satellitaires. Ces données correspondent aux coordonnées géographiques et nous donnent accès à notre position pour nous déplacer.

Autrefois, la cartographie était réalisée à la main par des artisans : à l’aide des savants et des découvertes des explorateurs, ils produisaient leur vision du monde.
Depuis l’avènement du numérique, la cartographie associe les compétences de différents acteurs : les géographes et les cartographes dessinateurs. Les géographes sont chargés de récolter des données géographiques comme « la signalisation (limites de vitesse, noms de rues, sens de circulation, fermetures de routes, obligations et interdictions de tourner) ». Les dessinateurs, quant à eux, interprètent ces données en représentant la carte de façon synthétique à l’aide d’outils informatiques.

Images générées par une application JavaScript : superposition de trois calques illustrant les habitations, les rues et les ruelles d’un quartier de Colombes (92).
Dans la production créative, le développement des nouvelles technologies a entraîné un dispositif fondé sur le retrait de la main au profit de la machine dans la mise en forme d’une œuvre. Le designer devient spectateur pendant la réalisation : son rôle est réduit face à la machine.
Semestres 3 et 4 : les défis du tissage
Modélisation

Dans mon processus de création tissée, l’outil principal est la main, au service d’une action : entrecroiser. La technique du tissage, très souvent associée à une pratique traditionnelle, demandait à être abordée sous un nouvel angle, avec l’introduction de nouveaux matériaux.
J’ai donc souhaité mettre en pratique cette démarche en introduisant la corde, peu commune dans le tissage. Cette création m’a amené à m’interroger sur le tombé du volume, sa texture et son aspect visuel. Une première gamme de montage a été réalisée pour fixer la méthode de travail.


Tout au long du processus de création, j’ai été amené à m’interroger à plusieurs reprises, sur la technique comme sur le matériau : le rendu variait d’un matériau à l’autre et d’une construction volumique à l’autre.

Face à des résultats qui ne correspondaient pas toujours à mes souhaits, il a fallu rebondir en ajoutant un support : c’est le cas de la pièce où le tissage est emprisonné et de la création de bandes tissées, qui permettent de s’accorder avec la construction par moulage.
Semestres 1 et 2 : dé-construire et reconstruire le chemisier

Notre société vit une ère où le gaspillage est récurrent, notamment vestimentaire, du fait de la production et de la surconsommation de vêtements. C’est pourquoi le designer se doit d’être sensible à ce phénomène mondial et en lien étroit avec la société : dans un contexte commercial, il produit et vend son objet, mais il reste soucieux de son devenir.
Dans un processus de déconstruction et de reconstruction, le chemisier a suivi un parcours créatif et écologique parfois semé d’embûches. Ces embûches sont la preuve que toute production créative a besoin de se confronter à des difficultés : elles sont l’essence de notre ingéniosité et de notre créativité. Le créateur a besoin de chercher et d’expérimenter pour aboutir. Ici, c’est le chemisier qui a eu besoin de se chercher pour arriver à sa forme finale.
La démarche créative utilisée s’apparente à l’upcycling : la récupération de ce chemisier de seconde main permet d’en réutiliser les pièces pour lui redonner une nouvelle vie « haut de gamme ». L’idée est que « rien ne se perd, tout se recrée ».
Créer à partir de l’existant demande de s’adapter aux contraintes rencontrées. Lors de la reconstruction du chemisier, la première difficulté a été la composition : l’ensemble des pièces du chemisier devait être intégré au volume final. Le travail d’expérimentation était donc nécessaire, car il m’a permis de repérer les défauts et les améliorations à apporter.
Le tissu est un support d’expérimentation au sein de la démarche créative. À partir de teintures, en l’occurrence naturelles, et d’enductions textiles réalisées sur des échantillons, j’ai constaté que l’aspect du tissu variait au toucher et à l’œil selon les moyens mis en œuvre. L’objectif était ainsi de rendre compte des procédés d’ennoblissement textile. Le motif est également un moyen d’habiller le tissu : le dazzle, motif de camouflage, est intéressant pour son aspect visuel et sa particularité chromatique ; c’est pour ces deux raisons que je l’ai intégré au volume.

Déconstruire et reconstruire le chemisier est une démarche bidimensionnelle qui s’inscrit à la fois dans la tradition et dans le numérique. La modélisation a permis de valider le volume avant qu’il ne soit porté ; elle a également servi de support pour communiquer le volume en le mettant en scène graphiquement.
Modélisation
