Préparé en deux ans, le diplôme des métiers d’art n'est aujourd'hui plus proposé comme formation au lycée Jean-Pierre Vernant. Il a été remplacé par le DNMADe.

Sur la base du constat objectif que les métiers de la création réinventent constamment leur périmètre, le choix a été fait lors de la création du DNMADe de rassembler au sein d’un même diplôme Design et Métiers d’arts, les deux entités se déclinant en parcours différenciés, mais avec une porosité méthodologique. Le DNMADe Matériaux hérite de la même volonté que le DMA de confronter les pratiques artisanales de la céramique et du textile avec le potentiel des outils et des technologies numériques. C'est pourquoi nous conservons comme un héritage l'ensemble des projets de diplômes des Métiers d’Art du Lycée Jean-Pierre Vernant sous la forme d'une présentation synthétique.

Absence

Figure d’absence : sculpture en terre percée, incrustée de fragments, gros plan

La place accordée aux morts dans la société française a profondément changé ces trente dernières années. En pleine mutation des pratiques funéraires, notre relation avec nos disparus est bouleversée par l’essor du numérique, l’éloignement des familles et la désacralisation progressive de la société, ce qui favorise une incompréhension et une tolérance moindre face à l’absence.

La séparation des morts et des vivants, nécessaire au travail de deuil, est remise en cause par la disparition progressive des rites.

Dans une société qui met en danger ses fondements, comment l’artisanat et l’art peuvent-ils légitimement questionner nos pratiques funéraires actuelles et futures ? Comment le céramiste, par l’utilisation de la terre, pourrait-il devenir un acteur central de ces changements ?

De manière générale, les artistes et les artisans peuvent, par leurs pratiques, rétablir le sentiment du lien avec le mort et faciliter le travail de deuil. Le travail du céramiste fait particulièrement sens, par la nature même de la terre, qui peut répondre aux nouveaux enjeux sociétaux et s’inscrire dans une idée générale de transmission.

Mon objectif principal est de rendre compte poétiquement du vide laissé par la disparition, en le matérialisant par des techniques céramiques et numériques ou en l’illustrant, pour en améliorer l’acceptation.

Dans le cadre du projet « Absence », le choix de la forme archétypale de l’urne cinéraire et des gestes ancestraux du fossoyeur, sur la terre ou dans le numérique, m’a permis de révéler mon propos et de créer des gammes d’objets aux finalités différentes.

« Figures d’absence »

Série de sculptures créées à partir des ombres portées d’une urne archétypale générée par un logiciel 3D. Uniques, ces figures peuvent servir de support à la végétation et occuper un espace de souvenir dans un cimetière.

Figures d’absence : sculptures en terre posées sur des dalles, végétaux séchés
Figure d’absence : sculpture en terre percée, incrustée de fragments clairs

« Manifestation imaginaire »

Installation artistique mettant en scène la dégradation d’urnes archétypales tournées en argile crue, dans des bacs en grès remplis d’eau ou de terre. Elle confronte le spectateur à l’absence et s’inscrit dans un enjeu écologique actuel.

Manifestation imaginaire : urnes en argile crue dans des bacs en grès remplis d’eau ou de terre

Urne en argile crue fissurée par la dégradation, gros plan

« Résistance quotidienne »

Gamme d’urnes funéraires accompagnées de leurs vases en faïence. Un moule construit autour de la contre-forme vide de l’urne sert à créer les vases souvenirs en céramique.

Résistance quotidienne : urne en faïence blanche entourée de ses vases souvenirs
Résistance quotidienne : vase souvenir en faïence, détail

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