Étude de la feuille de papier

Le papier a d’abord été considéré comme un support d’écriture, de signes, de communication. Ces pratiques ont d’ailleurs commencé sur des tablettes d’argile, de cire, de marbre… ce qui impliquait des gestes comme graver, inciser, frapper. Autant d’actions qui peuvent être retranscrites aujourd’hui sur la porcelaine.
Le papier n’est plus envisagé comme un support d’écriture mais comme un matériau à part entière : un matériau qui se réduit en pâte, se mélange, se met en forme par diverses techniques. Le projet s’articule autour d’expérimentations sur la texture et la mise en volume d’une feuille de papier à travers la porcelaine.
Papier et porcelaine ne font plus qu’un : ils se confondent, s’associent, s’imitent.
- Le papier se froisse, se déchire, se découpe, s’assemble pour faire apparaître des textures qui lui sont propres. Le moulage permet alors de transposer ces effets à la porcelaine. Par ailleurs, le mélange papier/porcelaine fait apparaître une texture propre à la pulpe du papier.
- Pour passer d’une surface plane au volume, le papier se découpe et se plie selon un patron afin de faire apparaître arêtes et facettes. L’outil numérique permet de créer ce volume géométrique, qui sera ensuite moulé, et le tournage permet la découpe de facettes.
- Le papier se fend, s’étire ou s’imbrique pour créer un volume composé de surfaces planes. Le numérique se prête à la fabrication d’outils qui marquent la plaque de porcelaine, ensuite découpée. La feuille de porcelaine est le matériau idéal pour réaliser des jeux d’imbrications.
Les pièces produites sont les supports d’une recherche expérimentale autour de la feuille de papier, qui vise à atteindre les limites de la porcelaine, notamment à travers le mélange terre/papier et la manipulation d’une fine plaque de terre.

